Pèlerinage au Gargo, 1er septembre 2026

François Mitterrand gravissait la Roche de Solutré, Laurent Wauquiez le mont Mézenc, moi c’est le mont Gargo au sud-est du Causse Méjean.

Ce qui m’attire chaque année ou presque, c’est la recherche d’un oiseau de passage sur ce sommet dénudé. Michael, Cécile et moi partons du hameau de Villeneuve. Pipits rousselines, Tariers des prés en halte migratoire, Traquets motteux dont un particulièrement peu farouche avec son magnifique plumage d’hiver « refait à neuf ».

Traquet motteux mâle

Nous atteignons la lavogne de Villeneuve mais la sécheresse la laisse pratiquement à sec. C’est pourtant la plus grande surface naturelle en eau des causses. Un groupe de linottes tente de se poser mais notre présence les incommode.

Il ne reste qu’une petite surface remplie de potamots , le 1er septembre 2026
Vue du 5 juillet 2026
Vue datée d’un an, le 22 juillet 2025

Nous bifurquons vers la serre de Fourcat. Face à un doline bordée de bancs calcaires, je me rappelle que nous y avions découvert il y a deux ans, un Monticole de roche mâle. En cherchant aux jumelles, je tombe à nouveau sur un mâle. Est-ce le hasard ou nicherait-il ici ? Il faudra revenir l’année prochaine fin avril pour en avoir le cœur net.

Monticole de roche en mue postnuptiale, cliché pris au Veygalier le 05/08/2023

Nous atteignons le sommet de la serre qui culmine à 1225m. Pas vu notre oiseau mais Cécile a vu deux ou trois oiseaux non identifiés qui sont passés en vol derrière moi !
Nous descendons pour remonter au sommet du Gargo à 1245m. Très belle vue : on aperçoit le mont Lozère et au pied le Causse des Bondons mais pas notre oiseau. Nous en profitons tout de même pour détailler le paysage et mettre un nom sur les fermes à nos pieds.
Revenus sur la serre de Fourcat, je m’écarte légèrement en me dirigeant vers l’endroit où Cécile a vu disparaître des oiseaux. Une tâche sombre attire mon attention, je pointe la lunette et bingo, c’est lui : un Pluvier guignard. En fouillant un peu plus, deux autres sont découverts.
Je sors mon zoom et me dirige doucement vers un des pluviers en faisant quelques poses. Ces oiseaux sont immatures et en général assez confiants, ce qui permet une approche à faible distance mais je n’ai pas envie de ramper sur le sol caillouteux.

Entre inquiétude et confiance

Je me déplace car la mise au point du zoom se perd dans les différents plans des graminées sèches.

Le plumage écailleux indique clairement un immature de Pluvier guignard

Je ne les ennuie pas plus longtemps après avoir vérifié que quelques clichés sont réussis. Ils sont restés au sol sans changer de place, je n’ai pas franchi leur seuil de sécurité.

La base de données cite 32 observations depuis le 16/08/26. Elles se situent toutes en Lozère, en Aubrac, sur le Mont Lozère, le Causse Méjean et sur la partie très dénudée du Causse de Sauveterre ressemblant au Méjean. Parfois, les migrateurs sont posés dans des champs labourés. Dans un labour, leur détection doit être encore plus difficile s’ils circulent entre les sillons. Une observation a même été faite dans la zone de pelouses calcaires incendiée cet été .

Observations de la base de données depuis le 16 août 2026

Le ciel commence à se teinter.

Vers l’ouest

Nous croisons un petit troupeau de brebis suivi par un quad où berger, bergère, enfant et chien s’y entassent. Les brebis filent plus vite que nous, la nuit va bientôt tomber.

Allumez le feu !

Nous arrivons à la nuit au véhicule pour un piquenique rapide. Sur le Causse, notre route croise 5 lièvres et dans les gorges une chevrette suivie par un faon encore bien petit pour cette période, puis un renard. Michael est enchanté, c’est la première fois qu’il observe le Pluvier guignard.

Jean-Luc Bonneuil


Jean-Luc