L’Oasis du Causse, chapitre 5, juillet 2026
Miroir, ô miroir, suis-je la plus belle ? Vous souvenez-vous de cette réplique fameuse dans Blanche-Neige, quand la vilaine reine regarde son miroir magique ?
Je ne suis pas persuadé que les oiseaux se posent cette question quand ils vont boire à la lavogne.
Certains photographes construisent des « drink-stations ». Ce sont de petits bassins, de faible profondeur, construits à hauteur de l’objectif, pour que le photographe puisse capturer le reflet de l’oiseau. Il en ressort des images esthétiques fort plaisantes mais qui finissent par toutes se ressembler, avec la même branche, le même fond.

Si vous visitez le site birdphoto.fi, vous verrez d’excellentes photos que je ne suis pas prêt d’égaler, à se dégoûter de pratiquer la photographie animalière.
Au gré de mes clichés pris quand les oiseaux s’abreuvent, je me suis aperçu que dans certaines situations l’appareil avait capturé le reflet des oiseaux. Plus besoin de construire de « drink-station ».
Mon but premier est de faire un inventaire photographique des oiseaux qui fréquentent cette lavogne. Mais je vais vous livrer quelques clichés où le résultat s’apparente à des photographies prises sur une « drink-station ».

C’est la première fois que j’observe cette alouette à la lavogne. Elle est bien représentée sur les Causses quand les arbres sont très clairsemés et les haies arborées, d’où son nom scientifique Lullula arborea. Lulu vient de l’onomatopée de son chant moins élaboré que celui de « sa cousine » l’Alouette des champs.

Très présente sur les causses arborés, la Grive draine doit pourtant avoir du mal à trouver du gui dans les forêts de résineux. Son nom scientifique Turdus viscivorus (qui mange du gui) vient de son goût prononcé pour le gui. C’était la première fois que je faisais une photo valable de ce turdidé (famille des merles).


Les linottes mélodieuses sont toujours très présentes, des couples, des familles, des groupes de jeunes. A cette époque, l’usure des plumes a fait perdre aux mâles une grande partie des surfaces roses de leur calotte et de leur poitrine.







En plus petit nombre, les Bruants jaunes m’intriguent. Cette année nous avons fait, pendant une matinée, une prospection Bruant jaune avec la méthode de la repasse qui consiste à diffuser le chant de l’espèce 8 fois (en 2 séquences) tous les 200m environ. A peine sortis de la voiture, notre repasse a attiré aussitôt un mâle qui devait être à la lavogne. 300m plus loin, un autre s’est rapidement montré puis plus rien sur 2 km prospectés. Et aucun chant spontané. Problème dans le choix de la date, de l’heure ? Pourtant les mâles venant boire sont bien plus nombreux. Tout ceci sera à affiner l’an prochain.

Les merles noirs sont bien présents cette année mais plus méfiants que dans un jardin. Seul ce mâle est venu faire trempette bien que des femelles et des jeunes soient présents.

Les Pipits des arbres sont assez nombreux autour de l’eau. Pendant les affûts des années précédentes le niveau de l’eau était plus haut et ces pipits préféraient se cacher dans les joncs pour leurs ablutions. Le Pipit des arbres est un migrateur qui revient au début d’avril. Le pic migratoire postnuptial a lieu dans la première décade de septembre, les derniers Pipits des arbres sont observés fin octobre. En été sur le Causse Noir, le Pipit des arbres ne peut être confondu avec le Pipit farlouse car celui-ci est un hivernant. Nous ne pouvons faire une différence entre les sexes chez les deux espèces.




Les Pigeons ramiers sont de bons sujets qui viennent régulièrement boire car leur alimentation à base de végétaux ne leur apporte pas d’eau.
J’ai eu la visite, au cours de ces dernières séances, des rares Pigeons colombins mais ils ne sont pas restés assez longtemps pour que j’immortalise leur reflet !
Une des difficultés pour ces photos miroir, c’est qu’elle nécessite l’absence de ride à la surface de l’eau et l’absence de déchets végétaux qui viennent casser le miroir (avec 7 ans de malheur).


Cerise sur le gâteau, une chevrette est venue se désaltérer quelques instants. Merci à mon nouveau boîtier hybride qui grâce à son absence de miroir, ne produit aucun son parasite qui effraie les animaux et surtout les mammifères.


D’autres espèces sont venues mais impossible de capter leurs reflets, il faut en garder pour la prochaine fois, s’il y a encore de l’eau ! Le niveau baisse drastiquement et pas vraiment de pluie annoncée ou alors toujours reportée au lendemain et quand elle tombe, c’est juste pour coller la poussière !


Jean-Luc Santain



